En ce 25 mars 2026, l’ONU franchit un pas symbolique en reconnaissant officiellement la la traite négrière transatlantique, ce douloureux pont d’ombre qui a arraché des millions d’Africains à leurs terres pour les jeter dans l’esclavage des Amériques comme « le plus grand crime contre l’humanité » . Ce vote révèle également des divergences diplomatiques majeures sur la question des responsabilités et des réparations.
Fouye Rasin Nou, mercredi 25 mars 2026_L’Assemblée générale des Nations Unies a adopté ce mercredi 25 mars 2026 une résolution déclarant la traite négrière transatlantique « le plus grave crime contre l’humanité ». Portée par le Ghana, l’initiative a été approuvée par 123 pays, tandis que les États-Unis, Israël et l’Argentine ont voté contre et 52 autres pays se sont abstenus, dont plusieurs membres de l’Union européenne comme la France et le Portugal.
La traite des esclaves africains vers les Amériques a débuté au XVIe siècle. Selon les historiens, 34 850 expéditions négrières atlantiques ont occasionné la déportation de 15 et 20 millions d’Africains, contraints à l’esclavage dans les Amériques.
Cette résolution, adoptée symboliquement à l’occasion de la Journée internationale du bicentenaire de l’abolition de la traite transatlantique proclamée en 2008 par la résolution 62/122 de l’ONU, marque un moment fort de reconnaissance de ce crime. Il s’agit d’une déclaration politique et non d’une décision judiciaire. L’Assemblée générale ne crée pas de hiérarchie officielle entre les crimes contre l’humanité et cette résolution n’a pas de force contraignante.

Concernant le vote, les pays opposés ont justifié leur décision par la crainte de créer une obligation juridique de réparations pour des actes considérés comme légaux selon le droit international de l’époque. Les abstentions européennes s’expliquent souvent par la même logique afin d’éviter une responsabilité collective des États modernes.
Si l’adoption de cette résolution est saluée comme une avancée symbolique majeure dans la mémoire collective et la reconnaissance de la souffrance des peuples africains et de la diaspora, elle ne conclut pas le débat sur les réparations ou la justice historique, qui reste ouvert à l’échelle internationale. Elle rappelle néanmoins l’importance de l’éducation et de la mémoire face aux crimes du passé.
Tout compte fait, l’abstention de certains pays dont ceux de l’Union européenne, institut union, qui se dit promotrice des droits de l’homme, interpelle.
Domond Willington / Fouye Rasin Nou (FRN)