Depuis des décennies, Haïti vit au rythme des missions internationales, des milliards de dollars annoncés et des promesses de redressement. Pourtant, à chaque injection de fonds et à chaque arrivée de contingents étrangers, le pays semble replongé dans une douleur plus profonde. Aujourd’hui encore, l’île est décrite comme un corps en salle d’opération : une césarienne hémorragique, où les chirurgiens se relaient sans jamais parvenir à refermer la plaie. Les gangs imposent leur loi, l’insécurité étouffe la vie quotidienne, et l’État, absent de la table d’opération, laisse la communauté internationale jouer au médecin. Ironie tragique : plus les pansements financiers se multiplient, plus la blessure s’ouvre, révélant au monde une nation saignée à vif et toujours en quête d’un véritable souffle de souveraineté, alors même que Washington propose une nouvelle feuille de route chiffrée à 2,6 milliards de dollars.
Fouye Rasin Nou, le 21 août 2025 – L’avenir de la Mission multinationale de soutien à la sécurité (MSS) déployée en Haïti pourrait connaître un tournant majeur. Selon un article publié par The Kenya Times le 21 août 2025 et signé par le journaliste Edwin Hinda, l’administration du président américain Donald Trump envisage de remplacer le Kenya, actuellement à la tête de cette mission, par un autre pays.
Un leadership en question
Depuis juin 2024, le Kenya a déployé des centaines de policiers en Haïti afin d’appuyer la Police nationale haïtienne dans sa lutte contre les gangs armés. Le contingent kenyan, dirigé par l’inspecteur général adjoint principal Godfrey Otunge, compte aujourd’hui 744 agents.
Cependant, lors d’une réunion de l’Organisation des États américains (OEA), la chef de mission adjointe des États-Unis, Kimberly J. Penland, a laissé entendre que Washington préparait une nouvelle résolution au Conseil de sécurité des Nations unies. Celle-ci viserait à « répertorier de manière appropriée » la lutte contre les gangs et pourrait aboutir à un changement de commandement au sein de la MSS.
Mme Penland a toutefois salué le courage et l’engagement du Kenya, soulignant le sacrifice de ce pays africain venu au secours d’Haïti à un moment critique. Mais elle a précisé que les États-Unis souhaitaient désormais renforcer la mission, en doublant ses effectifs et en élargissant son leadership stratégique.
Une feuille de route américaine de 2,6 milliards de dollars
Lors de cette même réunion, le secrétaire général de l’OEA, Albert Ramdin, a présenté une nouvelle feuille de route destinée à Haïti. Évaluée à 2,6 milliards de dollars sur trois ans, elle met l’accent sur la réforme et le renforcement des institutions de sécurité et de justice, ainsi que sur le démantèlement des réseaux criminels transnationaux.
Cette proposition constitue une révision d’un plan antérieur de 1,4 milliard de dollars, qui privilégiait davantage l’aide humanitaire. Elle prévoit désormais un investissement de 1,33 milliard de dollars spécifiquement destiné à reconstruire la Police nationale haïtienne et à moderniser le système judiciaire.
Le rôle des partenaires régionaux
Cette nouvelle orientation insiste également sur la nécessité d’une approche concertée, impliquant les pays de la région. Selon Mme Penland, aucune nation ou organisation ne peut résoudre seule la crise haïtienne. D’où l’idée de créer une « Commission de redressement inter-Haïti » pour coordonner les efforts de la communauté internationale, sur le modèle des initiatives mises en place après le séisme de 2010.
Une mission kényane sous pression
Le Kenya, rappelons-le, avait répondu à l’appel international en envoyant ses premiers policiers en Haïti en juin 2024, suivi de plusieurs vagues de renforts. Leur présence a permis de freiner l’effondrement de l’État haïtien, selon les responsables américains.
Néanmoins, face à la persistance des violences et à la montée en puissance des gangs, Washington semble désormais déterminé à modifier en profondeur la stratégie de la mission MSS et son commandement.
Vers une redéfinition de la coopération sécuritaire en Haïti
Cette évolution reflète la complexité de la crise haïtienne. Entre insécurité chronique, effondrement institutionnel et méfiance vis-à-vis des interventions étrangères, toute reconfiguration de la MSS suscite à la fois espoir et interrogation.
Si la proposition américaine est validée par le Conseil de sécurité de l’ONU, Haïti pourrait voir son dispositif sécuritaire international se transformer en profondeur, avec un leadership renouvelé et un soutien financier renforcé.
En somme, après tant de missions et de milliards engloutis, Haïti reste ce patient qu’on opère sans fin : jusqu’à quand cette plaie ouverte trouvera-t-elle enfin sa guérison ?
Fouye Rasin Nou (FRN)
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