Dans un développement qui suscite déjà de vifs débats au sein du football haïtien, Thierry Henry aurait officiellement déposé sa candidature auprès de la Fédération haïtienne de football (FHF) pour prendre les rênes de l’équipe nationale des Grenadiers, selon Sport Passion Info. L’ancien international français ambitionne ainsi de succéder à Sébastien Migné, dont le mandat demeure marqué par des controverses persistantes, malgré la qualification historique d’Haïti pour la Coupe du monde 2026.
FOUYE RASIN NOU, mardi 7 juillet 2026_ Le passage de Sébastien Migné à la tête de la sélection nationale a suscité de nombreuses frustrations. Au-delà des résultats jugés décevants par une partie des observateurs, certains supporters haïtiens déplorent l’arrogance du sélectionneur, l’accusant même de « traître maquillé ».
Cette perception s’est accentuée lors de la Coupe du monde 2026, lorsque Migné n’a pas célébré le superbe but inscrit par Wilson Isidor face au Maroc. Ce geste a été interprété par de nombreux Haïtiens comme un manque de connexion avec les couleurs et l’histoire du pays.
Sur le terrain, les choix tactiques du technicien français ont également été vivement critiqués. Après une campagne qualificative convaincante, Haïti a été éliminée dès la phase de groupes du Mondial, s’inclinant 1-0 face à l’Écosse, puis lourdement 3-0 contre le Brésil. Face à la Seleção, Migné avait opté pour un système très défensif en 5-4-1, laissant notamment sur le banc le buteur Wilson Isidor, des décisions qui ont alimenté les critiques et privé, selon plusieurs observateurs, l’équipe de toute ambition offensive. Le parcours s’est achevé par une défaite 4-2 contre le Maroc.
Aux yeux de nombreux analystes, l’entraîneur a privilégié une approche excessivement prudente plutôt qu’un football plus entreprenant et mieux adapté aux qualités de son effectif. Ses explications d’après-match, souvent perçues comme un transfert de responsabilité vers les joueurs, ont renforcé le sentiment d’une stagnation tactique et d’un manque d’audace face aux grandes nations.
Dans ce contexte où la position de Migné se fragilise, plusieurs candidatures sont déjà sur la table, dont celle de Thierry Henry. Champion du monde en 1998, passé sur le banc de l’AS Monaco, adjoint de la Belgique, puis sélectionneur des Espoirs et de l’équipe olympique de France, Henry possède une solide expérience et est titulaire de la Licence UEFA Pro.
La question financière demeure également essentielle. Avec un salaire estimé entre 40 000 et 45 000 euros par mois lors de ses expériences récentes, Thierry Henry représenterait un investissement considérable pour la FHF, qui devra évaluer avec soin le rapport coût-bénéfice ainsi que les retombées sportives, médiatiques et économiques d’une telle nomination.
Par ailleurs, d’autres noms sont aussi cités comme postulants au poste de sélectionneur d’Haïti. Tout d’abord, on retrouve l’ancien entraîneur du PSG et du FC Nantes, Antoine Kombouaré, qui aurait proposé ses services à la FHF. De plus, les agents de l’entraîneur uruguayen Pablo Correa (passé par l’AS Nancy et l’AJ Auxerre) et de Juan Carlos Osorio, qui a entraîné le Mexique et le Paraguay, entre autres, auraient, eux aussi, pris contact avec les dirigeants du football haïtien.
La Fédération haïtienne de football se trouve désormais face à un choix important. Après un mandat de Sébastien Migné marqué par des débats tactiques, des controverses et des performances jugées insuffisantes sur la scène mondiale, l’arrivée d’un nouveau sélectionneur pourrait ouvrir un nouveau chapitre pour les Grenadiers. Reste à savoir si la FHF misera sur Thierry Henry ou privilégiera une autre option pour conduire la sélection nationale vers un nouveau cycle.
Jean-Pierre Styve / FOUYE RASIN NOU (FRN)