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Fragments : le troisième voyage littéraire d’Emerson Vilbrun au cœur des émotions, des fantômes et des amours perdus

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Dans un monde où les silences pèsent lourd, certains livres deviennent des refuges inattendus et des plumes transforment l’indicible en mots libérateurs. Encourager la lecture, c’est se donner les moyens de mieux se comprendre ; encourager l’écriture, c’est offrir une voix à ce qui reste trop souvent tu. Si la musique assemble les sons pour créer une émotion partagée, l’écriture assemble les fragments de nos expériences pour en faire une vérité accessible à tous. Fragments d’Emerson Vilbrun incarne cette puissance : un recueil qui invite à lire avec attention, à écrire sans retenue et à exister plus pleinement.

 

Fouye Rasin Nou, le 15 janvier 2026_Dans l’univers de la littérature haïtienne, 2025 a vu une vitalité créative marquée à Jacmel, avec plusieurs publications notables parmi lesquelles «À l’aube d’une nouvelle ère» de Domond Willington, «Amour et sacré au féminin» de Wilson Tilanp Edmond et «Ou se nanm tèt mwe» de Kesner Jean-Yves Charles. Emerson Vilbrun quant à lui propose une approche hybride mêlant poésie et nouvelles pour explorer l’intériorité. Avec «Fragments», son troisième recueil paru le 22 août 2025 aux éditions Le Lys Bleu (54 pages, disponible en Kindle), il s’inscrit dans la lignée de René Depestre, Frankétienne ou Dany Laferrière, tout en faisant écho au fantastique et à l’intime chez García Márquez ou Murakami.

 

À travers le musicien Antoine, tourmenté par un amour passé, une chanson ravive des souvenirs lors d’un concert émouvant. Une retrouvaille nocturne avec Sarah se mue en ultime adieu : au matin, elle disparaît ; peu après, il apprend son assassinat. Chaque nouvelle fonctionne comme un miroir intime, explorant deuil, solitude, culpabilité, peur et présence de l’invisible.

Des phrases marquantes illustrent cette intensité : « Elle me toucha le cœur comme si elle m’aidait à faire mon deuil, à accepter son départ », « Je laisse derrière moi mon propre corps pour prendre le chemin de l’éternité », « Cette chanson sentait son parfum. Un prolongement de son corps. Un de ses baisers ».

 

Le surnaturel sert de vecteur émotionnel : dans Cauchemar, Saskia possédée incarne peur et violence ; dans Le journal intime de Yolanda, les événements écrits se réalisent (« J’ai lu la page sur l’incendie juste avant l’incendie… »). D’autres textes traitent de transformation : Sortie de nulle part voit Jarni reconnaître l’amour vrai ; La femme de ma vie montre un aveu tardif sur une tombe ; Une fleur au milieu d’un jardin de ronces évoque la souffrance silencieuse universelle. La nouvelle éponyme clôt le recueil sur la persistance de la mémoire et de l’amour malgré l’absence.

Vilbrun maîtrise la forme courte : atmosphère, tension et chutes percutantes en quelques pages, avec des fins presque cinématographiques. Chaque fragment résonne durablement, invitant à réfléchir sur regret, peur, amour perdu et frontières entre réalité et souvenir.
Après Faux Lits d’amour (2015) et Dènye Rèl (2018), cet ouvrage confirme sa sensibilité poétique. Poète et journaliste (Ticket Magazine, Le National), nommé au Prix Félix Morisseau-Leroy en 2020, installé à Boston, il porte l’héritage haïtien tout en touchant l’universel.
Dans un entretien exclusif avec les reporters Samedy Gabielle et Alexis Syndia de Fouye Rasin Nou, l’auteur a précisé :
•Sur le surnaturel : « Je viens d’un pays et d’une culture où l’invisible n’est pas une abstraction mais une réalité qui accompagne le quotidien… Dans mon écriture, le surnaturel n’est pas un décor, c’est une manière de représenter ce que la parole directe ne suffit pas à exprimer. »
•Sur la lecture : « La lecture est l’un des rares espaces où nous pouvons ressentir pleinement… C’est une sorte de miroir discret qui nous aide à comprendre nos émotions et celles des autres. »
•Sur l’écriture : « Une histoire me choisit souvent avant que je ne la choisisse… J’écris quand une émotion refuse de disparaître d’elle-même. La nouvelle me permet de garder la densité poétique tout en donnant plus de place aux personnages et à leurs silences. »
•Sur le message du recueil : « La vie se vit par morceaux, par sensations et par éclairs… Rien n’est totalement perdu ni totalement fini. L’écriture n’est pas une course, c’est une respiration. »
Ancré dans l’imaginaire haïtien tout en s’ouvrant à l’universel, Fragments d’Emerson Vilbrun propose un parcours intime où la mort, la mémoire et l’amour demeurent des forces vivantes, invitant le lecteur à une réflexion profonde sur les émotions qui nous traversent. Pour découvrir ce recueil poignant et soutenir une voix contemporaine de la littérature haïtienne, procurez-vous l’édition Kindle dès aujourd’hui sur Amazon.

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Jean-Pierre Styve / Fouye Rasin Nou (FRN)

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