Dans un contexte de durcissement des politiques migratoires américaines, un rapport publié le 18 mars 2026 par le Cato Institute met en lumière les conséquences administratives et humaines d’une paralysie prolongée du système, touchant particulièrement des ressortissants de Cuba, du Venezuela et d’Haïti. Entre incertitudes juridiques, coûts déjà engagés et absence de perspectives claires, des centaines de milliers de demandeurs se retrouvent aujourd’hui dans une situation d’attente prolongée.
Fouye Rasin Nou, 21 mars 2026_Un rapport publié par le Cato Institute le mercredi 18 mars 2026 met en évidence les effets concrets des restrictions migratoires renforcées sous l’administration Trump. Selon cette analyse, plus de 1,2 million de demandes de prestations migratoires en provenance de Cuba, du Venezuela et d’Haïti restent gelées, sur un total de 2 millions de dossiers suspendus toutes nationalités confondues.
David J. Bier, directeur des études sur l’immigration au Cato Institute et auteur du rapport intitulé « Government Defrauds Legal Immigrants and US Sponsors Who Paid $1 Billion in Fees », précise que les Cubains représentent la plus grande part, avec environ 935 000 demandes en attente. Les Vénézuéliens suivent avec 239 000 cas, et les Haïtiens avec 81 000. Ces trois pays concentrent ainsi plus de 60 % des demandes bloquées à l’échelle mondiale, une proportion que l’auteur lie directement aux interdictions de voyage élargies, aux gels de traitement des visas et aux suspensions administratives mises en place récemment.

Le document met en avant plusieurs décisions clés : des restrictions de visas touchant des dizaines de pays jugés « à haut risque », des interruptions étendues aux demandes de permis de travail, d’ajustement de statut ou de naturalisation pour des personnes déjà présentes sur le territoire américain, ainsi que l’absence de calendrier clair pour une reprise. Ces mesures ont conduit à la perception d’une « fraude massive », avec plus d’un milliard de dollars en frais de dossier collectés par les autorités sans que les services promis soient rendus, selon Bier.
« La majorité des demandes et des frais proviennent de ces trois nationalités », a expliqué David Bier au Miami Herald. Les Cubains à eux seuls auraient versé environ 543 millions de dollars en frais non remboursables, suivis par les Vénézuéliens avec 138 millions. Le think tank critique le manque de fondement légal de certains gels et plaide pour une reprise rapide des traitements, soulignant les préjudices subis par des familles ayant souvent déjà engagé des ressources importantes dans un processus légal.

Ce constat s’inscrit dans un contexte plus large de durcissement des politiques migratoires : révocation de protections temporaires (TPS) pour des centaines de milliers de personnes, suspension de programmes humanitaires comme le CHNV (Cuba, Haïti, Nicaragua, Venezuela), et conséquences humaines multiples, telles que la séparation des familles, des emplois menacés et des naturalisations retardées.
Le rapport s’appuie sur des données officielles de l’USCIS et du Département d’État. À ce jour, aucune réponse officielle du Département de la Sécurité intérieure (DHS) n’a été enregistrée concernant ces estimations. L’administration défend ces mesures comme nécessaires pour restaurer « l’intégrité et la sécurité » du système d’immigration.
Fouye Rasin Nou (FRN)