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Conflit au Moyen-Orient : l’international haïtien Duckens Nazon raconte son exode dramatique hors d’Iran

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Pris dans l’engrenage d’un conflit géopolitique qui dépasse de loin les terrains de football, l’international haïtien Duckens Nazon a dû fuir l’Iran dans des conditions extrêmes après la fermeture brutale de l’espace aérien, consécutive aux frappes militaires du 28 février 2026. Dans un témoignage accordé à Radio France Internationale, l’attaquant de l’Esteghlal FC relate les heures d’angoisse, les routes incertaines et la longue traversée terrestre qui l’ont ramené en Europe, tout en restant focalisé sur son engagement avec les Grenadiers et l’espoir de briller à la Coupe du monde 2026.

Fouye Rasin Nou, 5 mars 2026._L’international haïtien Duckens Nazon, attaquant de l’Esteghlal FC à Téhéran, a vécu de plein fouet l’escalade du conflit au Moyen-Orient à la fin du mois de février 2026. Dans une interview accordée à Radio France Internationale, le joueur franco-haïtien de 31 ans détaille son périple pour quitter l’Iran après la fermeture brutale de l’espace aérien iranien, consécutive aux frappes israéliennes et américaines du 28 février.

Prévu pour décoller de l’Aéroport international Imam Khomeini à Téhéran, Nazon s’est retrouvé bloqué sur le tarmac alors que les bombardements débutaient.

L’espace aérien étant fermé, il a entamé un voyage terrestre éprouvant en direction de la frontière avec l’Azerbaïdjan, où il a passé plus de trente heures à attendre l’obtention d’un laissez-passer avec l’aide des autorités françaises. Il a ensuite transité par la Turquie avant de regagner la France. Le footballeur a décrit des scènes de tension extrême, évoquant des explosions entendues à proximité ainsi qu’une fatigue accumulée sur des routes incertaines.

Explosions à Téhéran pendant les frappes de février 2026

« Cette mésaventure a réveillé quelque chose en moi », a confié Duckens Nazon à RFI, reliant cette épreuve à la résilience qu’il met au service de la sélection haïtienne. Malgré les défis persistants en Haïti, notamment l’insécurité ainsi que les crises politiques et humanitaires, l’attaquant affirme conserver une fierté intacte pour l’Équipe d’Haïti de football. Il se projette également vers la Coupe du monde de football 2026, compétition pour laquelle la sélection haïtienne est qualifiée, bien qu’aucun match éliminatoire n’ait pu être disputé sur le sol haïtien en raison de la situation sécuritaire.

Nazon n’est pas le seul joueur étranger à avoir été contraint de quitter le pays. Selon des sources concordantes (Reuters, France 24, Chosun Biz), plusieurs footballeurs ont fui l’Iran ces derniers jours, dont le Malien Moussa Djenepo (Esteghlal), le Marocain Mounir El Haddadi (même club), des Sud-Coréens comme Lee Gi-je et des joueurs africains et européens. Le championnat iranien (Persian Gulf Pro League) est suspendu sine die, laissant des dizaines de légionnaires dans l’incertitude sur leur avenir sportif et leur sécurité. De l’autre côté du conflit, des athlètes étrangers ont également été évacués ou bloqués en Israël après les ripostes iraniennes (Reuters, Fox News, Al Jazeera), notamment des joueuses de basketball américaines et des tenniswomen russes coincées à Dubaï ou en transit.

Note éditoriale : Cet article s’appuie principalement sur l’interview exclusive de Duckens Nazon diffusée par Radio France Internationale dans l’émission Journal d’Haïti et des Amériques du 4 mars 2026 et dans Radio Foot Internationale. Bien que le témoignage soit centré sur l’expérience de Nazon, un contexte plus détaillé sur les cibles précises des frappes du 28 février (infrastructures militaires et nucléaires iraniennes, selon les communiqués officiels US-Israël) aurait permis de mieux situer l’ampleur de l’événement géopolitique ayant directement impacté le joueur et d’autres ressortissants étrangers.

En attendant les matchs amicaux de mars contre l’Équipe de Tunisie de football et l’Équipe d’Islande de football, Duckens Nazon se projette vers les prochaines échéances internationales. Son témoignage illustre la manière dont les conflits géopolitiques peuvent bouleverser des trajectoires individuelles, même loin des lignes de front, et renforce le lien indéfectible entre le joueur et ses racines haïtiennes.

Jean-Pierre Styve/Fouye Rasin Nou (FRN)

Crédit : Cet article s’appuie sur l’interview exclusive de Duckens Nazon diffusée par Radio France Internationale dans l’émission Journal d’Haïti et des Amériques du 4 mars 2026 (https://www.rfi.fr/fr/podcasts/journal-d-haïti-et-des-amériques/20260304-journal-d-haïti-et-des-amériques-du-mercredi-4-mars-2026) ainsi que dans Radio Foot Internationale, complétée par des recoupements auprès de Reuters, France 24 et Chosun Biz.
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