La commune de Jacmel, ville côtière du sud-est d’Haïti et première localité électrifiée de la région dans les années 1950 grâce à la centrale hydroélectrique de Gaillard, lance officiellement une centrale solaire photovoltaïque de 4 MW à Mont Fleury. Financée par la Banque mondiale à hauteur de 17,5 millions de dollars américains, cette infrastructure vise à répondre à une demande énergétique croissante, à des pénuries récurrentes de carburant et aux contraintes techniques et politiques qui ont, depuis plusieurs années, limité le fonctionnement continu du centre semi-autonome d’Électricité d’Haïti (EDH) à Jacmel.
Fouye Rasin Nou, 03 mars 2026_La cérémonie s’est déroulée à la mairie en présence de représentants du ministère des Travaux publics, Transports et Communications (MTPTC), d’Électricité d’Haïti (EDH), des autorités municipales et d’une délégation de l’institution financière.
Les travaux, confiés à la firme dominicaine ESD Engineering & Service SRL, ont débuté en février 2026 et doivent s’achever en mars 2027 (durée : 13 mois). Selon Billy Jean Philippe, responsable de projet en énergie renouvelable à la Cellule Énergie du MTPTC, cette infrastructure devrait couvrir une part significative des besoins de la ville, estimés à 10 MW au total, et réduire le recours aux générateurs diesel.

La mairesse Loudie César a rappelé que le projet avait été initié sous l’administration du président Jovenel Moïse et au niveau communal sous l’ancien maire Marky Kessa. Elle a insisté sur la continuité institutionnelle du dossier malgré les changements politiques.
Jacmel fait face depuis plusieurs décennies à des défis énergétiques structurels majeurs : coupures fréquentes et rationnement sévère (blackouts prolongés, parfois de plusieurs jours ou semaines), dépendance massive aux générateurs diesel et au fuel importé (coûts élevés et volatils, aggravés par les blocages routiers et portuaires), faible capacité et vétusté du réseau local (système isolé vulnérable aux pannes et aux intempéries), taux d’accès global très faible (moins de 30-40 % des ménages haïtiens ont l’électricité, consommation par habitant d’environ 20-30 kWh/an) et perturbations liées à l’insécurité qui compliquent l’acheminement du carburant et les travaux de maintenance.

Ces problèmes ont des conséquences lourdes sur la vie quotidienne (écoles, hôpitaux, commerces, pompes à eau), l’économie locale (tourisme, artisanat) et le développement social. Cette centrale s’inscrit dans une stratégie nationale de développement des énergies renouvelables et vise à améliorer la stabilité de l’approvisionnement électrique dans une ville régulièrement affectée par ces contraintes.
Jean-Pierre Styve/Fouye Rasin Nou (FRN)
Crédit photos : Canal 1ère Media TV