Par la rédaction de Fouye Rasin Nou , 17 février 2026
Encore une fois. Encore lui. Encore ce même combat que Vinícius Júnior doit mener, ballon au pied, dans des stades qui lui montrent leur haine alors même qu’il leur offre le spectacle le plus beau du monde.
Ce mardi 17 février 2026, au Estádio da Luz de Lisbonne, le Real Madrid a battu le Benfica 1-0 en match aller des barrages de la Ligue des Champions. Le seul but ? Un golazo absolument somptueux de Vini Jr., qui a reçu un centre de Mbappé côté gauche, a éliminé le défenseur d’un crochet et a fusillé le gardien Trubin d’une frappe croisée dans l’angle. De la pure magie. Du football à l’état brut.
Mais ce soir-là, l’essentiel ne fut pas dans les statistiques. L’essentiel, c’est ce qui s’est passé après ce but.
La Danse, Le Crime… et La Honte
Après son but, Vini Jr. a célébré comme il le fait toujours : en dansant, librement, fièrement, près du drapeau de corner, face aux supporters adverses. Une danse qui est sa signature. Une danse qui est son identité.
Et c’est là que tout a basculé.
L’Argentin Gianluca Prestianni, joueur du Benfica, s’est approché de lui. Selon Mbappé lui-même, qui était présent et qui a confirmé les faits après le match, Prestianni a couvert sa bouche avec son maillot pour ne pas être lu sur les lèvres et a traité Vini Jr. de « singe ». Cinq fois. Cinq fois le même mot. Cinq fois le même propos raciste.
Vini Jr. n’a pas hésité. Il a couru vers l’arbitre français François Letexier et lui a dénoncé ce qu’il venait de subir. L’arbitre a aussitôt déclenché le protocole antiracisme de l’UEFA, croisant les poings devant lui ( le signal officiel qu’une accusation de violence raciste venait d’être enregistrée). La rencontre a été suspendue pendant environ dix minutes.
Le Protocole : Utile, Mais Insuffisant
On peut saluer le fait que ce protocole existe. En trois étapes : avertissement, suspension temporaire, arrêt définitif du match . Il donne à l’arbitre les outils pour agir. Les écrans géants du stade ont diffusé un message officiel signalant l’incident.

Mais concrètement ? Prestianni n’a reçu aucun carton. Pas de jaune, pas de rouge. Rien. La partie a repris comme si de rien n’était.
C’est Vini Jr. qui, lui, avait déjà reçu un carton jaune pour sa danse, qui dérangeait apparemment plus les autorités arbitrales que les insultes racistes qui allaient suivre.
Camavinga, proche de Vini, a dit tout haut ce que nous pensons tous : « Tolérance zéro. Si tu arrêtes le jeu dix minutes, il ne se passe rien. Mais si la tolérance est vraiment zéro, il faut arrêter la partie complètement. »
Mbappé, Valverde, Arbeloa : La Solidarité des Frères
Ce soir, les compagnons de Vini ne l’ont pas abandonné .
Mbappé, enragé, a affronté Otamendi, le capitaine du Benfica, directement sur le terrain. Les joueurs du Real Madrid ont menacé de quitter le terrain ensemble : un geste fort, un acte de résistance collective.
Le capitaine Fede Valverde a été clair : « Selon tous ceux qui étaient proches, Prestianni a dit quelque chose de laid, quelque chose qu’on ne doit jamais dire. Que ça arrive encore, c’est lamentable. »
Mourinho, lui, s’est réfugié dans l’ambiguïté. « Vini me dit une chose, Prestianni me dit une autre. » Une neutralité qui semble , en elle-même, une prise de position.
Vini Jr. : Un Homme Seul Face à un Système
Vinícius Júnior n’a pas accordé d’interview après le match. Mais il a publié sur ses réseaux sociaux une exigence simple et juste : des sanctions.

Cela fait des années que le joueur se bat. Des insultes dans les tribunes espagnoles. Des banderoles. Des cris de singes. Chaque fois, il répond par son jeu. Chaque fois, il dénonce. Chaque fois, le système répond par des demi-mesures.
La CBF, la Fédération brésilienne, a réagi rapidement : « Vini, tu n’es pas seul. Le racisme est un crime. Il est inacceptable. Il ne peut exister ni dans le football, ni nulle part. »
Mais des mots ne suffisent pas. Des protocoles ne suffisent pas. Tant que les coupables ne seront pas suspendus, bannis, punis de manière exemplaire, le message envoyé aux joueurs noirs sera toujours le même : vous pouvez nous divertir, mais vous n’avez pas le droit d’exister librement parmi nous.
Ce Que Fouye Rasin Nou Retient
Chez Fouye Rasin Nou, nous creusons à la racine des choses. Et voici ce que cette nuit à Lisbonne nous dit clairement :
Le racisme dans le football européen n’est pas un accident. Ce n’est pas l’acte isolé d’un joueur mal élevé. C’est le symptôme d’un système qui tolère la haine envers des personnes noires, qui punit la joie noire (un carton jaune pour une danse), et qui protège les agresseurs racistes (aucune sanction pour Prestianni).
Vini Jr. danse pour honorer ses ancêtres. Pour honorer une culture que l’Europe a tenté d’effacer pendant des siècles. Ils ne supportent pas cette danse parce qu’elle dit, haut et fort : nous sommes là, nous sommes fiers, et vous ne nous effacerez pas.
Le match retour se jouera le 25 février au Santiago Bernabéu.
Vini Jr. a promis sur Instagram : « On se retrouve là.