L’ex-directeur général de la Police nationale d’Haïti (PNH), Normil Rameau, est convoqué le mardi 3 février 2026 à 11 heures AM devant la Chambre d’instruction criminelle du Tribunal de première instance de Port-au-Prince, où il sera auditionné par le juge Walter Wesser Voltaire. Cette comparution s’inscrit dans une enquête portant sur des faits présumés d’association de malfaiteurs et de vente illégale d’armes et de cartouches appartenant à l’institution policière à des gangs armés.
L’ancien directeur central administratif Philippe Jovin est également attendu dans le même dossier, mais la veille, le lundi 2 février 2026, à la même heure. Les investigations se concentrent notamment sur la disparition inexpliquée de 317 fusils et de plusieurs milliers de cartouches des stocks de la PNH.
D’autres responsables ont déjà été entendus dans le cadre de cette procédure : l’actuel chef du service d’armement de la police, ainsi que deux anciens directeurs centraux de la Police administrative.
Pour garantir la comparution des intéressés, le juge Voltaire a adressé une correspondance officielle à l’inspecteur général en chef de la PNH, Frédéric Leconte, afin qu’il prenne les dispositions nécessaires.

Cette affaire intervient dans un contexte plus large de soupçons persistants de corruption et de fuites d’armement au sein de la police nationale, qui contribuent à alimenter la puissance des gangs contrôlant une grande partie de la capitale, Port-au-Prince, et accentuant l’insécurité généralisée.
Normil Rameau a dirigé la PNH à deux reprises. D’abord d’août 2019 à novembre 2020, période au terme de laquelle il a été démis de ses fonctions en raison d’un manque de résultats face à l’expansion des bandes armées. Il a repris le poste en juin 2024, succédant à Frantz Elbé, avant d’être remplacé en août 2025 par André Jonas Vladimir Paraison, dans un climat de tensions internes et face à un bilan jugé insuffisant par les autorités de transition. Au cours de ses mandats, il avait publiquement promis de « neutraliser et démanteler » les gangs, promesses qui n’ont pas empêché une détérioration continue de la situation sécuritaire.
Fouye Rasin Nou(FRN)